
HISTOIRE
Vers
1660, la marine française de Richelieu est en mauvais état, seulement
quelques navires sont en état de prendre la mer. Louis XIV mande alors
Colbert de Terron pour trouver un site sur la côte Atlantique afin
d'accueillir un arsenal ; un lieu de « refuge, de défense et
d'approvisionnement ». Après quelques années de recherches sur la côte,
le lieu fut choisi en décembre 1665, ce sera Rochefort. A une vingtaine
de kilomètres de la mer par la Charente, gRochefort arantissait une
protection contre l'envahisseur maritime ; etla région, la Saintonge,
était riche en matière premières comme le bois ou le sel...)
En
1666, Louis XIV fit raser les restes du vieux château, afin de créer là
un arsenal militaire pour abriter sa flotte du Ponant. Ateliers et
magasins sortirent du sol, précédant ainsi le grand bâtiment de la
Corderie Royale.
La
ville se développe alors rapidement sous l'impulsion de Colbert de
Terron - puis de Michel Bégon de 1688 à 1710 - où la construction
navale se fait à un rythme très soutenu (près de 49 navires en 1692 et
environ 350 bateaux au total). Bégon embellit alors la ville.
Cependant
à l'usage, l'arsenal est difficile à exploiter. Les 12 miles le
séparant de la rade sont une très bonne protection, mais les méandres
du fleuve et sa faible profondeur, posent de gros problèmes aux plus
gros navires.
Et, en 1926, l'arsenal ferma et la ville déclina. Les bateaux qui assurent le désenvasement de la Charente s'en allèrent aussi.
Puis,
en 2000, le viaduc de la Charente fut construit, et le bassin no2
devint un port de plaisance. Ainsi, Rochefort possède deux ports : un
de plaisance qui comprend deux bassins (Lapérousse et Bougainville), et
un autre de commerce avec un seul bassin.
Rochefort est la 9e station thermale de France en fréquentation , ses thermes ayant ouvert en 1953.
Monuments classés aux monuments historiques :
- La corderie royale et les bâtiments annexes (château d'eau, fontaine, corps de garde) depuis le 10 octobre 1967
- L'ancien hôtel de Cheusses (musée naval)
- Le pont transbordeur du Martrou.
- La vieille forme et forme double.
- La maison de Pierre Loti
Monuments inscrits à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques :
- La fontaine de la place Colbert
- La porte de l'Arsenal dite porte du Soleil
- remparts proches de l'ancien porte Martrou
- hôpital maritime
- caserne Latouche-Tréville
- théâtre municipal de la Coupe d'Or
- gare SNCF
- église Saint-Louis
- forme Napoléon III
L’arsenal
L'Arsenal
devait être la partie la plus grandiose du plus grand port d'Europe.
C'est ainsi que ses architectes l'avaient pensé. La monumentale porte
du Soleil, en forme d'arc de triomphe, fut érigée en 1831. Elle formait
l'entrée principale de l'arsenal, sous laquelle « la ville entière
passait matin et soir », la majorité des hommes travaillant à
l'arsenal. Son nom vient du fait que, le 4 mars et le 10 octobre, le
soleil se lève exactement dans son axe. C'est en la franchissant que
l'on peut commencer la visite de l'arsenal voulu par Colbert.
Dès 1666, les trois parties principales de l'Arsenal sont en place :
- au centre, « la maison du Roy »
- au sud, les magasins généraux et l'Avant-garde, appelé le « Parc »
- au nord, l'arrière-garde, la corderie royale et la forme de radoub.
La Corderie royale est
l'un des bâtiments les plus importants de l'arsenal et ce fut l'un des
premiers construits lors de la création de la ville en 1666.
La
réalisation ne fut pas simple en raison du terrain. Situé à la bordure
de la Charente, le sol est constitué d'une couche de vase épaisse de
près d'une trentaine de mètres, parfois inondé d'une soixantaine de
centimètres d'eau aux grandes marées. Avant la construction du bâtiment
lui-même, il fallut donc surélever de quelques pieds et établir un
radier constitué d'un quadrillage de pièces de chêne de 30 centimètres
de section enfoncé à 5 pieds sous la nappe phréatique.
Afin
de ne pas déstabiliser ce radeau flottant, la construction par les 700
ouvriers se fit de manière symétrique, le passage au niveau supérieur
n'ayant lieu que lorsque les deux pans de mur avaient atteint le
niveau. Finalement, après plus de trois ans de travail, la construction
s'acheva en juin 1669.
Pendant
près de deux cents ans, le bâtiment long de plus de 370 mètres fut
utilisé pour réaliser les cordages de la marine royale. La longueur du
bâtiment central correspondait à la fabrication d'un cordage d'une
encablure d'un seul tenant. L'aile principale est bornée par deux
pavillons. Au nord, celui destiné au stockage du chanvre et au sud,
celui destiné au goudronnage du cordage. On utilisait à la Corderie du
chanvre qui arrivait des provinces de France et de Rīga en mer Baltique
afin de réaliser des cordages, dont les plus grands, une fois terminés
mesuraient une encablure, soit 200 mètres de long. Toutes les étapes
étaient prises en charge à l'arsenal, jusqu'au goudronnage pour éviter
que les cordages ne pourrissent en mer.
Les
coques des navires devaient être périodiquement entretenues ou
réparées. Pour éviter les délicates manœuvres d'abattage en carène des
bateaux, on utilisait les formes de radoub. Les navires pénétraient, à
marée haute, dans ces grandes coques, creusées dans la berge vaseuse
puis maçonnées, qui se vidaient à marée basse (avec l'aide d'une
machine hydraulique qui pompait le surplus d'eau de mer) : le travail
de réparation pouvait alors commencer.
À Rochefort, trois formes de radoub sont encore visibles :
- la vieille forme dans l'arsenal nord conçue par François Le Vau
- la forme double, dite aussi Louis XV, conçue par l'intendant Pierre Arnoul
- la forme Napoléon III, situées derrière la porte du Soleil.
La maison du Roy
Maison du Roy (ancienne préfecture maritime et maintenant Commandement des Ecoles de la gendarmerie
La
maison du Roy abrita a deux reprises l'empereur Napoléon Bonaparte : la
première fois en août 1808 pour visiter le fort Boyard en construction
et pour dresser les plans du fort Liédot et la seconde, moins
glorieuse, le 3 juillet 1815, lors de son départ sur l'île d'Aix avant
son exil sur l'île Sainte-Hélène. En vérité, sa dernière destination
volontaire sur le territoire et non sur une île sera Rochefort.
Cependant, il se rendit le 8 juillet aux Anglais qui l'emmèneront sur
sa terre d'exil depuis Fouras, qui est sa vraie dernière destination
française mais non volontaire.
La tour des signaux
Haute
de 26 mètres, elle fut longtemps la tour la plus haute de Rochefort. De
plan carré, son allure est reconnaissable de loin. Elle n'est pas
visitable.
L'origine
de la tour des signaux date du XVIIe siècle, où le seigneur de
Cheusses, protestant, fit construire un prêche. Lors de la fondation de
la ville, le prêche eut besoin d'un clocher, qui fut construit en 1688.
En 1880, le clocher, alors récupéré par l'armée, fut étêté, et l'on
installa sur le toit plat nouvellement créé, un sémaphore assurant la
communication entre l'amirauté et la rade de la Charente. Malgré les
évolutions technologiques, la tour resta occupée jusqu'en 1930, en cas
de panne des nouveaux systèmes de l'époque. En 2002, l'armée restitua
la tour à la ville.
Le Magasin aux Vivres
La
subsistance de tout ce peuple d'ouvriers et de marins à la fin du XVIIe
siècle posa très vite des problèmes à l'État. Colbert proposa au roi
Louis XIV de créer un « munitionnaire » chargé de régler la nourriture.
Le roi créa le poste par un arrêté du 2 octobre 1669. C'est un édifice
qui longe l'actuel bassin de plaisance.
La Place Colbert
Le centre de l'horloge de marées de la place Colbert
Place
la plus célèbre de Rochefort, c'est le centre vital de la ville. Elle
est embellie en 1757 d'une belle fontaine de pierre couronnée, par
Victor Bourguignon, d'une figure allégorique symbolisant la rencontre
de la Charente et de l'Océan. De cette époque datent aussi les balcons
rocaille ou néoclassiques qui ornent de simples maisons comme des
hôtels particuliers : hôtel des Lemoyne de Sérigny, seigneurs de Loire,
devant la fontaine, et l'hôtel d'Amblimont, l'actuel hôtel de ville, en
face. Célèbrement connue grâce aux Demoiselles de Rochefort, la place
qui, pendant de nombreuses années, possédait un bassin carré au milieu
qui a aujourd'hui disparu. En effet, depuis 2006, la place est
redevenue ce qu'elle était lors de sa première construction. La
fontaine a été remise en valeur, le bassin a disparu pour laisser deux
axes croisés comme à l'origine. Une horloge de marées a été installée
au centre de la place. Elle indique l'état de la marée et le nombre
d'heures restant avant basse mer par une série de spots lumineux.
Le pont transbordeur
Ce
pont, dont le système fut proposé par l'ingénieur Ferdinand Arnodin
(1845 - 1924), a été inauguré le 29 juillet 1900, après 27 mois de
construction.
Ce
pont repose sur deux pylônes métalliques hauts de 68 mètres et situés
de part et d'autre de la Charente. Un tablier de 175 mètres de long,
culminant à 50 mètres au dessus des plus hautes eaux, relie ces deux
pylônes entre eux. Une nacelle suspendue à ce tablier permet alors aux
passagers de passer d'une rive à l'autre.
Lors
de son ouverture, ce pont qui avait coûté 586 500 francs de l'époque,
pouvait contenir à chaque traversée, 9 voitures à 2 attelages et 50
personnes ou 200 personnes. Sa capacité était de 26 tonnes. La
traversée durait, temps d'embarquement et débarquement compris, 40
minutes.
Mais
l'augmentation continue du trafic eut raison du transbordeur, et en
1967, il fut remplacé par le pont à travée levante et en 1975, un
budget de 1,4 million de francs fut alloué à sa démolition. Le pont
sera finalement classé aux monuments historiques et 1993, 7 millions de
francs seront utilisé à la rénovation globale. Aujourd'hui, le pont est
de nouveau en activité mais de manière moins pratique et plus
touristique. Il est ouvert aux piétons et aux vélos.