Chantilly
est connu avant tout pour son château, certainement l’un des plus beaux
de France, sa forêt et son hippodrome. La ville est à 45mn de Paris par
l’autoroute A1 ou par le RER D (qui peut parfois être dangereux).

(© CRT Picardie/Com des images-Benjamin Teissèdre)
De
1876 à 1882, le duc d'Aumale fit reconstruire le château sur les
anciennes fondations, sur les plans de l'architecte Honoré Daumet. Il y
accumula d'admirables collections. Sans descendance, il lègua ce
magnifique ensemble à l'Institut de France en 1886.
On peut visiter soit le château et son parc, soit les deux.
Nous
sommes ici dans un lieu majeur du tourisme français. Donc : expositions
temporaires, audioguides, animations en tous genres (toujours de bon
goût), explications vidéos, snack, petit train, barques...


Le
Petit Château est la partie la plus ancienne (1551). Les grands
appartements sont au premier étage et ils comprennent trois salles
décorées au XIX siècle (dont l'antichambre et la salle des gardes),
élevées sur l'ancien bras d'eau qui séparait le Petit Château et le
Grand Château, ainsi que l'appartement des princes de Condé décoré vers
1720 par Jean Aubert de superbes lambris
Les Galeries de peintures
: les collections sont si vastes qu’il est le 2e musée de peintures
anciennes en France juste après le Louvre ! Avec de grands chefs
d’oeuvres, comme par exemple les Trois Grâces de Raphaël. Le détail en
cliquant ici.

La belle chapelle est de 1882, mais ses vitraux de 1544.
www.chateaudechantilly.com - 03 44 27 31 80
(Les 3 photos ci-dessus : Copyright : Giraudon Bridgeman)


Les
Grandes Écuries ont été construites par l'architecte Jean Aubert entre
1719 et 1740. Longues de 186 mètres, elles sont exceptionnelles par
leurs dimensions tout comme par leur magnificence. Le prince de Condé
en était si fier qu'il n'hésitait pas à recevoir à dîner sous la
majestueuse coupole, haute de 28 mètres, où soupèrent notamment Louis
XV, le futur Tsar Paul Ier et Frédéric II de Prusse.

LE MUSEE VIVANT DU CHEVAL
Pour
les amateurs de chevaux comme pour les novices, le Musée Vivant est une
attraction incroyable dans le cadre prestigieux de ces écuries. Avec
160000 visiteurs par an, il est l’une des places hippiques les plus
visitées du monde. Au fil de ses 31 salles, les visiteurs peuvent voir
évoluer les chevaux dans leurs entraînements quotidiens, et assister à
des démonstrations de dressage avec des cavaliers costumés. Un
spectacle réellement fantastique !
www.museevivantducheval.fr - 03 44 57 40 40
(Crédits pour les 3 photos ci-dessus : Musée vivant du Cheval)
LES COURSES HIPPIQUES
Toujours
dans le domaine du cheval, mais en dehors du cadre institutionnel du
château, Chantilly organise de nombreuses courses de chevaux, dont le
célèbre Prix de Diane, compétition à la fois sportive et mondaine,
puisque la fréquentation de l’hippodrome ce jour-là, en juin, attire
toutes les élégances parisiennes, dont de nombreuses femmes en robe et
chapeau.
Chantilly
est par ailleurs le premier centre d'entraînement pour courses
hippiques en France, entre autres sur la magnifique Piste des Aigles du
prince Karim Aga Khan IV.
LES NUITS DE FEU
Tous
les deux ans, en juin, le cadre du château sert à un incroyable
concours international où s’affrontent les grandes sociétés
pyrotechniques, dans de démesurés feux d’artifices en musique (voir
photo en haut de page). www.nuitsdefeu.com

(Photo libre de droits par Craig Patik
Le parc
Le
parc de Chantilly couvre 155 hectares, dont 25 hectares de plans d'eau,
auxquels il faut ajouter les 60 hectares du parc de Sylvie. La forêt de
Chantilly, qui s'étend sur 6 310 hectares, fait partie intégrante du
domaine.
Le paVILLON DE MANSE
Nous
commencerons par Manse, car il est un point particulier de visite. Afin
d’acheminer l’eau dans les canaux du parc, les princes ont dû se doter
d’une incroyable machinerie hydraulique qu’on peut parfois visiter.
Regardez sur le site internet : www.pavillondemanse.com
Le jardin de Le Nôtre
Chantilly
était la création préférée de Le Nôtre. Selon son habitude, il a
structuré le parc autour de deux axes perpendiculaires. Le premier,
nord-sud, dans l'axe de la majestueuse terrasse édifiée par le
connétable de Montmorency, est perpendiculaire aux courbes de niveau et
met en évidence le vallonnement du site. Le second, est-ouest, est
occupé par le grand canal le long de la vallée.
Entre
la terrasse et le grand canal, au nord du château, Le Nôtre a ménagé
des parterres à la française. Ces parterres sont agrémentés de bassins
et ornés de vases et de statues de pierre, dont la plupart datent du
XIXe siècle et représentent les personnages illustres liés au riche
passé du domaine. Les parterres étaient originellement de forme
trapézoïdale, ce qui les faisait paraître plus vastes en contre-carrant
la perspective. Cet effet, d'un très grand raffinement, a été supprimé
par la reconstitution du XIXe siècle, qui leur a donné la forme de
rectangles parfaits. Les broderies végétales furent somptueuses : il en
subsiste des témoignages dans le jardin de la Volière (au pied du
château, côté ouest) ainsi que dans le jardin de la maison de Sylvie
(1671).
Les
parterres de Le Nôtre sont aujourd'hui encadrés de deux jardins
paysagers qui n'existaient pas du temps de leur création. Celui qui se
trouve à l'est date du XVIIIe siècle et est traité en hameau rustique.
Celui de l'ouest est traité à l'anglaise et remonte à la première
moitié du XIXe siècle.

La
grille d'honneur se trouve située en contre-bas par rapport au château
et surtout à la terrasse. En arrivant au château, celle-ci masque la
perspective, qui se découvre tout d'un coup lorsque le visiteur y
accède : l'effet est saisissant.
(Copyright photo : Olivier Roux)
Le petit parc
Il
est situé sur le plateau calcaire qui surplombe la vallée depuis les
parterres jusqu'au grand rond. Espace de transition entre la forêt et
le parc, il est aménagé par Le Nôtre qui y trace des allées et des
bosquets le reliant à la forêt environnante.
AU
XVIIIe siècle, Henri-Jules de Bourbon-Condé le relie à la terrasse en
jetant le pont du Roi par dessus le fossé sec qui marque la limite du
plateau. Ce jardin devient alors un espace de divertissements et de
promenades, ponctué de chambres de verdures, dont certaines sont
toujours visibles, telle la Chambre du Sanglier.
Vers
1738 ou 1739, un jeu de l'oie géant, dont le pions étaient les joueurs
eux-mêmes, est aménagé sous la forme d'une spirale de 2 km de long,
dont certains éléments restent encore visibles, comme le pont ou le
puits, ou encore certaines dalles de pierres numérotées figurant les
cases. Très en vogue auprès des visiteurs des princes durant une bonne
partie du siècle, il fut volontairement arasé et nivelé vers 1770,
lorsque la mode en fut passée.
Le jardin anglo-chinois
A
l'Est des parterres de Le Nôtre, le jardin anglo-chinois aménagé dans
la prairie en 1772 est ponctué de fabriques au détour de petits chemins
serpentant au milieu de canaux conçus pour être parcourus en
"pirogues". Quelques-unes de ces fabriques (le rocher, les petits ponts
de pierre) ont été conservées.
En
1774 y fut adjoint un hameau d'agrément. Le Hameau de Chantilly
comportait sept petites maisons rustiques dont cinq ont été conservées
: salon, billard, salle à manger, cuisine et moulin. Il servait de lieu
de fêtes et de plaisirs estivaux.
Le jardin anglais
Adossé
à la route de Chantilly à Vineuil-Saint-Firmin et Creil, le jardin
anglais, dessiné par l'architecte Victor Dubois en 1817, incorpore
quelques vestiges des aménagements de Le Nôtre (l'île d'Amour, les
Fontaines de Beauvais) intégrés sous forme de fabriques. Les allées
sinueuses ménagent des vues intéressantes sur le château.
Une
seule des fabriques introduites dans le jardin au moment de sa création
a subsisté jusqu'à ce jour : le temple de Vénus, récemment restauré par
les Monuments Historiques.
HISTOIRE DE CHANTILLY
A
l'exception du « Petit Château », construit au XVIe siècle par Jean
Bullant, le château actuel est une reconstruction du xixe siècle sur
des plans de l'architecte Honoré Daumet pour le dernier fils du roi
Louis-Philippe Ier, Henri d'Orléans, duc d'Aumale (1822-1897), héritier
du domaine de Chantilly, qui y installa ses collections de peintures,
de dessins et de livres anciens. Il légua l'ensemble à l'Institut de
France, sous le nom de musée Condé.
Le
château occupe l'emplacement d'une forteresse médiévale. Les grandes
écuries, construites de 1719 à 1740, sont un chef d'œuvre de
l'architecte Jean Aubert et abritent aujourd'hui le Musée vivant du
cheval. Les jardins sont une des plus remarquables créations d'André Le
Nôtre.
Le
connétable Anne de Montmorency (1492-1567), fait rénover la forteresse
par Pierre Chambiges en 1528 et, en 1551, construire la Capitainerie,
ou Petit Château. Il fait également aménager en 1538 la terrasse sur
laquelle se dresse sa statue équestre (fondue sous la Révolution, elle
est remplacée aujourd'hui par une œuvre de Paul Dubois, 1886) et
édifier sept chapelles dont trois ont été conservées. C'est également
lui qui fait tracer les premiers jardins.
Aux
XVIIe et XVIIIe siècles, le sort de Chantilly s'identifie à celui des
Condé dont le domaine constitue la principale propriété.

Louis
II de Bourbon-Condé (1621-1686), dit le « Grand Condé », ayant pris
parti contre Mazarin pendant la Fronde, se fait confisquer Chantilly en
1652 et ne recouvre le domaine qu'en 1659 (Paix des Pyrénées). Éloigné
de Versailles, il consacre tous ses soins à son domaine. Il fait
dessiner le parc par André Le Nôtre, qui n'a pas encore travaillé à
Versailles. Il canalise la Nonette pour créer le Grand Canal
(1671-1673), dessine les parterres français au nord du château, fait
construire le Grand Degré, et crée la perspective actuelle allant de la
grille d'honneur à la terrasse.
Le
Grand Condé reçoit à Chantilly des écrivains comme La Fontaine, La
Bruyère, Bossuet, Mme de La Fayette, Mme de Sévigné : en leur honneur,
les deux allées parallèles, qui encadrent les parterres de Le Nôtre,
prennent le nom d'« allées des philosophes ». On donne à Chantilly des
fêtes magnifiques. Molière y crée Les Précieuses Ridicules en 1659 et y
joue Tartuffe. Sous la direction du célèbre maître d'hôtel François
Vatel, la chère y est raffinée : c'est à cette époque qu'on y aurait
inventé la crème chantilly.
En
avril 1671, le Grand Condé scelle sa réconciliation avec Louis XIV en
le recevant à Chantilly. Selon Mme de Sévigné, c'est à cette occasion
que Vatel se serait suicidé en ne voyant pas arriver la livraison de
poisson attendue (l'authenticité de l'anecdote est généralement tenue
pour très douteuse).
Chantilly
est confisqué comme bien national dès 1790. En 1792, le château est
envahi et pillé par une bande de gardes nationaux. Dévasté, le château
est utilisé comme prison sous la Terreur.
En
1799, Chantilly est vendu pour la somme de 11 millions en assignats.
Les adjudicataires, Damoye et Boulée, entreprennent aussitôt de le
démolir pour récupérer les matériaux de construction. Seuls sont
épargnés le Petit Château et les Grandes Écuries, les entrepreneurs
s'étant vu retirer le marché avant d'avoir pu les détruire.
La
partie du parc située à l'ouest du château, qui abritait les jeux
d'eaux conçus par Le Nôtre et qui faisaient l'admiration des
contemporains, est lotie.
